
Bienvenue dans Sous le Masque – La face cachée du Bureau, le blog qui lève le rideau sur les secrets bien gardés de nos open spaces !
Aujourd’hui, on explore ce que l’on pourrait appeler le « grand show de l’esthétique en entreprise ». Pour donner le ton, rien de tel que de plonger dans l’univers de Mean Girls, qui dresse un portrait féroce de la pression sociale sur l’apparence. Sorti en 2004, ce film raconte l’histoire de Cady Heron, une lycéenne un peu naïve qui découvre l’impitoyable jungle sociale des « Plastics », un groupe où règnent les reines de l’apparence et du conformisme. On rit jaune, tant ce lycée pourrait être une répétition générale de la vie de bureau.

Et pour cause, dans notre monde professionnel aussi, des versions corporate des « Plastics » décident qui est dans le coup et qui est à fuir, en s’appuyant sur des critères aussi subtils que la couleur de votre cravate ou votre coupe de cheveux, et je ne parle pas des tatouages. Derrière les sourires polis et les compliments en coin se cachent une pression esthétique bien réelle, une véritable tyrannie de l’apparence, qui n’a rien à envier aux codes de la cour de récré.
Plongez avec moi dans l’open space, entre compétition esthétique, jugements en apparence légers et réalités piquantes.
Oserez-vous dire que vous n’avez jamais vécu ou ressenti ces situations ? Pour vous aider, je vous révélerai des anecdotes personnelles.
On parle des vôtres après ?
C’est parti !
L’esthétique ou le jeu des apparences
Bienvenue dans notre open space, où derrière les regards impassibles se cache un implacable concours de façade. Vous pensiez que le « Plastics Club » de Mean Girls n’était qu’une exagération cinématographique ? Détrompez-vous. Ici, ce ne sont pas seulement les adolescents qui jouent aux apparences, mais bel et bien nos collègues et patrons, qui brandissent leurs plus belles tenues comme une reconnaissance de compétence professionnelle.
Le culte de l’apparence : un diplôme invisible mais indispensable ?
Dans l’entreprise, l’apparence est bien plus qu’un atout : elle devient, pour certains, un critère de compétence. Oui, car derrière les discours sur la diversité et l’inclusion, il y a souvent ce sous-texte implicite : la bonne présentation est aussi importante que le CV.
Regardez autour de vous ; on y voit des clones en tenues soigneusement choisies tout en respectant le saint code vestimentaire. Si dans Mean Girls, Cady Heron a dû passer par la case relooking pour intégrer le club des populaires, il semble qu’on doive, nous aussi, adapter notre « look » pour être admis dans le cercle des égaux au bureau.
Le « dress code » : entre normes subtiles et obligations masquées
Ah, le fameux dress code ! 😒
Officiellement, on parle de « recommandations », mais étrangement, celui qui ose le look « trop décontracté » est vite regardé de travers. On raconte souvent que pour paraître professionnel, il faut un certain alignement esthétique : la chemise parfaitement repassée, la couleur sobre, et l’allure « clean » qui assure d’être pris au sérieux. Parce que, évidemment, une personne en jean et baskets ne peut pas avoir la même crédibilité, n’est-ce pas ?
Si vous pensez que je fais de l’humour, je pense au contraire qu’il s’agit d’une réalité grinçante : un code vestimentaire officieux impose des normes que beaucoup suivent aveuglément, comme pour s’assurer de ne pas déroger à l’image de « l’employé modèle ». Et ce qui était autrefois réservé aux « Plastics » dans Mean Girls s’étend désormais au monde du travail : l’appartenance et le respect passent par l’apparence.
Quand l’apparence devient la compétence : l’illusion du « look pro »
Cette obsession pour l’apparence crée une illusion pernicieuse dans le monde de l’entreprise : celle du « look professionnel » qui, dans l’imaginaire collectif, se confond avec la compétence. Tout comme Regina George et son « Plastics Club » qui attribuent valeur et statut selon le physique, le monde de l’entreprise promeut, et pas toujours inconsciemment, l’idée que bien paraître, c’est bien travailler.
Ce phénomène porte même un nom: le « beauty premium », un concept qui révèle à quel point la perception de compétence et de professionnalisme est façonnée par l’apparence, et qui, au passage, nuit grandement à la diversité. Je l’affirme, ce biais esthétique renforce les inégalités et exclut ceux qui ne se conforment pas aux standards implicites.
Les codes non-verbaux : ce que votre look dit de vous, même sans parler
N’oublions pas le langage silencieux de l’apparence, qui parle en votre nom. Vos vêtements, votre coupe de cheveux, vos tatouages (ou l’absence de tatouages), vos accessoires sont des indicateurs sociaux que vos collègues et supérieurs lisent, parfois même inconsciemment.
Les talons hauts, les montres, la sacro-sainte cravate, tout cela forme une grammaire invisible qui, dans bien des entreprises, conditionne les relations de pouvoir. Car si dans Mean Girls, chaque accessoire et couleur est étudié pour marquer l’appartenance à un groupe, l’entreprise n’échappe pas à cette règle.
En entreprise, on parle de « professional grooming » (toilette professionnelle) pour nommer ces ajustements implicites ou explicites qui contribuent à créer une image de soi supposément valorisante pour sa carrière. La pression esthétique est bien réelle en entreprise, transformant souvent nos espaces professionnels en concours de conformisme déguisé.
La course au miroir, quand l’esthétique dicte le statut
Tout comme les dynamiques sociales implacables de Mean Girls, votre apparence devient presque un indicateur de performance et une carte d’entrée plus influente que la compétence elle-même. J’exagère ? Pas sûr.
Dans l’ entreprise, beauté et conformité jouent parfois un rôle aussi puissant qu’un MBA bien placé. Sauf qu’ici, les diplômes d’esthétique se décernent par des regards évaluateurs, souvent inconscients, mais terriblement impactants.
La beauté comme passe-droit, quand le « beauty premium » joue les DRH
Le « beauty premium » est une petite prime subtile, attribuée à ceux qui incarnent l’idéal esthétique du moment. Dans le monde professionnel, cela se traduit par des chances accrues d’être pris au sérieux, d’obtenir une promotion ou même d’être embauché tout court. (je sens que je vais énerver les recruteurs…).😉
On ne le dit jamais en face, bien sûr, mais l’inconscient collectif attribue de manière insidieuse des qualités « associées » à la beauté. C’est comme si un bon maquillage, une coiffure impeccable ou un certain charisme visuel suffisaient à rassurer, voire à inspirer confiance.
Regina George, icône implacable de Mean Girls, l’avait compris dès le lycée : son apparence n’était pas seulement un atout, mais une arme pour dominer la hiérarchie sociale. On assiste au même phénomène dans bien des entreprises, où les visages les plus « marketables » prennent souvent mis en avant.
Le mirage de la compétence : ou comment l’apparence crée l’illusion du mérite
Sous la surface de l’entreprise bienveillante se cache donc une hiérarchie sournoise, même si ce n’est pas la seule : celle de l’apparence.
Si vous cochez les cases des standards esthétiques contemporains, la route semble un peu plus dégagée. Mais si vous vous en écartez ? Il faudra souvent en faire trois fois plus pour obtenir la même reconnaissance.
Vous allez dire, il est jaloux ! A quoi je vous répond que je n’invente rien. J’ai un peu creusé le sujet pour éviter ce type d’objection. Ce biais est documenté dans des études, qui montrent comment l’apparence peut fausser les perceptions de compétence, de crédibilité et même de leadership. Une étude publiée dans le Human Resource Development Quarterly a montré que les employés habillés de manière plus formelle étaient perçus comme plus compétents et plus crédibles.
Plusieurs études confirment que l’apparence physique peut influencer les perceptions de compétence, de crédibilité et de leadership en entreprise, créant ainsi une hiérarchie implicite basée sur l’esthétique.
Attractivité et compétence perçue : une étude publiée dans le Journal of Applied Psychology a démontré que les individus considérés comme physiquement attractifs étaient perçus comme plus compétents et avaient de meilleures chances d’être embauchés, même lorsque leurs qualifications étaient identiques à celles de candidats moins attractifs.
Impact sur le leadership : une autre étude parue dans The Leadership Quarterly a révélé que les traits faciaux associés à l’attractivité influençaient positivement les perceptions de leadership.
Discrimination basée sur le poids : des recherches ont montré que les personnes en surpoids font face à des discriminations significatives en milieu professionnel. Une analyse publiée dans le Journal of Applied Psychology a révélé que les employés en surpoids recevaient des évaluations de performance inférieures et avaient moins de chances d’être promus, malgré des compétences égales.
Influence de la taille : une étude parue dans le Journal of Human Capital a démontré une corrélation positive entre la taille des individus et leur salaire, suggérant un biais favorable dans le monde professionnel envers les personnes plus grandes.
Conséquences sur la diversité et l’inclusion
Ces biais liés à l’apparence peuvent avoir des répercussions importantes sur la diversité et l’inclusion en entreprise. Ils peuvent créer des obstacles invisibles pour certains employés comparativement à leurs collègues jugés plus conformes aux standards esthétiques.
Ces études confirment l’existence d’une hiérarchie implicite basée sur l’apparence dans le monde professionnel. À croire que la confiance en soi et la capacité à diriger se vendent en bouteilles de gel coiffant, en séances de bronzage artificiel et de blanchiment des dents (pour la taille on ne peut pas y faire grand-chose…).
Ce constat en entreprise trouve son reflet parfait dans Mean Girls, où l’apparence façonne les perceptions et accorde, ou retire, le statut social de chacun.
Donc, non, je n’avance pas ces arguments sous prétexte que je serais jaloux. 😎
Les normes esthétiques invisibles, une conformité insidieuse mais omniprésente
L’entreprise moderne aime bien se targuer d’être inclusive et diverse, mais les critères de la beauté normative n’ont pas encore pris leur retraite. Il y a les codes « visibles » (la fameuse tenue de bureau, les tenues neutres) et les codes bien plus subtils : les dents parfaitement alignées, le look de « jeune dynamique », l’allure soignée…
Le mirage d’une entreprise sans discrimination s’éloigne lorsqu’on réalise que la « beauté acceptable » est le premier passeport pour le succès.
Car si Regina George et ses acolytes dans Mean Girls imposaient leur style comme marqueur de leur statut, certaines entreprises continuent, discrètement, à récompenser ceux qui se conforment à leurs attentes esthétiques.
La tyrannie du miroir : quand le paraître devient plus qu’un simple reflet
Mais à quel prix ? Cette course à l’esthétique impose une pression constante.
Que l’on veuille ou non, le poids de ces attentes influence non seulement la manière dont on se présente au bureau mais aussi le rapport à soi. Cette obsession peut même miner la confiance des plus talentueux, mais qui n’entrent pas « dans le moule ». Derrière chaque sourire poli, chaque ajustement de cravate, se cache parfois une fatigue bien réelle, celle d’avoir à porter un masque esthétiquement conforme. Si, dans Mean Girls, l’apparence est un moyen d’affirmer son statut et de l’imposer aux autres, dans le monde professionnel, elle devient une exigence tacite pour rester dans le cercle des « winner ».
Cette « course au miroir » nous montre une vérité tragi-comique : en entreprise comme au lycée, il ne suffit pas d’être bon. Il faut être « beau et bon ». Une performance à double tranchant, qui, derrière ses sourires et ses costumes ajustés, ne fait qu’accentuer les divisions.
Les codes implicites, comment la ‘bonne tête’ ouvre des portes
Un peu comme dans Mean Girls où Regina George dicte les tendances dans les couloirs, les règles non écrites en entreprise régissent les comportements. Collègues et managers imposent silencieusement des critères qui vont bien au-delà des compétences.
Bienvenue dans l’univers de la « bonne tête », où votre apparence devient votre meilleur argument pour grimper les échelons !
Le jeu de la ‘bonne tête’ : un passeport vers le sérieux (ou l’inverse)
Avoir une « bonne tête » en entreprise, c’est un peu comme avoir le sac à main parfait chez les Plastics : c’est l’accessoire invisible qui vous ouvre des portes.
Mais qu’entend-on par là ?
Tout simplement que certaines apparences inspirent confiance, d’autres moins. Les managers, conscients ou non, ont leurs préférences : un look sage, classique, parfois même stéréotypé, semble plus « rassurant ». Si Cady Heron a dû transformer son look pour devenir une membre du clan des Plastics, qui n’a jamais joué à ce jeu d’apparence dans les bureaux de peur d’être pointé du doigt ?
Exemple personnel : quand mon manager s’est instauré « look designer »
Il est temps d’illustrer un peu ces fameux codes implicites par un cas bien concret : imaginez un manager bien intentionné qui vous glisse un jour, l’air de rien, « Ce serait bien que tu te rases, ça fait plus pro. » 😶
Voilà un exemple parfait de la « bonne tête » en action.
C’était il y a un certain nombre d’années, je travaillais dans une branche française d’un très grand groupe américain. A l’occasion de mon évaluation annuelle, mon responsable décide de me faire des recommandations plus personnelles pour, selon lui, faciliter mon évolution de carrière au sein du Groupe. Au-delà de mes résultats bien sûr, sur lesquels il n’y avait rien à redire 😎(oui c’est vrai), sa recommandation était la suivante : pour prétendre à des postes de Direction, il faudrait que je songe à …me raser ! Oui, vous avez bien lu ! 🤮
Selon lui, aucune personne dans l’entreprise à partir d’un certain niveau de management n’arborait de pilosité sur son visage. Il fallait donc que j’abandonne ma barbe de 3 jours parfaitement entretenue depuis des années pour espérer grimper dans la hiérarchie.
Mon évolution ne tenait donc qu’à quelques poils (pourtant courts) ?
Choqué par cette remarque, je me suis amusé à lui citer des noms de grands dirigeants moustachus ou barbus en lui expliquant le caractère honteux de sa remarque qui visait à toucher à l’apparence physique d’une personne pour la faire entrer dans un moule qui devrait lui donner la clef de son évolution professionnelle. Et pourquoi pas dire à une femme de l’équipe qu’elle devrait porter des jupes, et même plutôt courtes et aussi des chemisiers transparents, ce serait bon pour son avancement, non?
Autant vous dire que mes arguments ont eu du succès! 😂
Bien évidemment, j’ai conservé ma barbe qui est même aujourd’hui plus longue qu’à l’époque (et toc!)
Ce type de remarque est moins rare qu’on pourrait le penser. Derrière la suggestion innocente (ou pas), il y a en réalité une prescription tacite de l’image professionnelle. On suppose, implicitement, qu’un visage rasé inspire plus confiance, comme si l’absence de pilosité était un indicateur de compétence. Et demain, il faudra se blanchir les dents, se faire des injections de botox, se faire lipposucer, etc… ? Nouvel exemple qui pousse à réfléchir sur le lien entre image et crédibilité, et sur cette idée de « tête de l’emploi » qui continue d’influencer bien des perceptions.
Les attentes vestimentaires, quand le style devient un message subliminal
En entreprise, un look ne s’exprime pas que par les vêtements qu’on choisit, mais par ceux qu’on ne doit surtout pas choisir. Si le « casual Friday » existe, c’est bien parce que les quatre autres jours de la semaine, l’apparence doit rester soigneusement calibrée. Ces choix vestimentaires font en réalité partie d’un langage tacite : le look envoie un message de compétence, de fiabilité ou de sérieux… Bullshit !
Dans le monde de Regina George, le rose était la couleur de pouvoir des mercredis. Dans le nôtre, la cravate et le tailleur sobre jouent ce rôle silencieux. Ils disent : « Je suis fiable », « Je suis professionnel(le) ». Les codes sont là, invisibles mais bien réels.
Exemple personnel : le Président, le jean et la chemise
Story time ! Voici venu le moment de vous partager une autre anecdote personnelle.
Il y a quelques années, animant une formation au sein d’une entreprise, le Président de ladite entreprise fit irruption dans la salle et, sans même se présenter ou s’excuser de l’interruption, m’interpella devant l’auditoire sur ma tenue.
Vous imaginez bien que je n’étais pas négligé.
Allez, je vous fais ma tenur du jour : veste de costume noir Cacharel, chemise blanche Ralph Lauren, Jean Diesel, chaussures de ville (dont je ne me souviens plus de la marque).
Mais alors, qu’est-ce qui a bien pû l’irriter dans ma tenue ?
3 choses, qui pour lui étaient apparemment plus importantes que mon expertise et la qualité de la formation dispensée à ses équipes.
1er irritant : l’absence de cravate,
2ème irritant : le Jean,
3ème irritant : la chemise qui n’était pas rentrée dans le pantalon.
Pour cette personne, mon « outfit inspo» était le reflet d’un manque de compétences. #OMG 😒
Ce qui ne m’a pas empêché pour autant d’intervenir plusieurs fois pour cette entreprise, mais comme j’étais ravi de ne pas y être salarié compte tenu de la mentalité de son dirigeant !
Quand la non-conformité devient risquée
Se conformer ou en subir les conséquences ?
Les entreprises ne l’admettront jamais officiellement, mais elles attendent de nous que l’on adhère aux règles tacites sous peine d’être jugé comme « non-aligné » ou « difficile à cadrer ».
Que ce soit un tatouage visible, un look un peu trop affirmé ou une coupe de cheveux sortant des standards, ces petits éléments qui nous rendent uniques sont souvent perçus comme des failles dans l’image de « sérieux » que l’entreprise tente de maintenir. En somme, celui ou celle qui ose s’éloigner de l’image lisse risque de se voir classé dans la catégorie « créative mais indisciplinée », une étiquette rarement payante.
Si vous cherchez à éviter cette catégorisation, gardez vos tatouages pour le week-end !
Ironie des attentes non dites : quand la ‘bonne tête’ l’emporte sur le CV
Tout comme dans Mean Girls, où chaque membre des Plastics a sa place bien définie, les attentes implicites d’apparence en entreprise tracent les contours d’un jeu de pouvoir qui ne dit jamais son nom. La « bonne tête » devient une qualité en soi, au point que certains profils, en phase parfaite avec ces attentes invisibles, accèdent à des opportunités qui dépassent parfois leurs compétences réelles. En somme, l’apparence devient une sorte de CV visuel, une clé pour accéder à des projets et des promotions, là où l’expérience professionnelle pourrait parfois moins peser que le coup de peigne.
Derrière chaque remarque bienveillante, chaque regard d’évaluation, se cachent des critères de jugement qui façonnent, sans qu’on le réalise, une hiérarchie silencieuse des « bonnes têtes ». Un jeu d’apparence où, finalement, la conformité devient la meilleure assurance carrière, et où la singularité, elle, se retrouve bien souvent sur la touche.
La santé mentale face à la pression esthétique
Que se passe-t-il quand l’effort pour maintenir ce masque devient une charge constante, pesant de plus en plus lourd sur le moral et la santé mentale ?
Voyons les effets insidieux de cette tyrannie esthétique : l’anxiété, le stress, et l’auto-jugement qui rongent les individus et pèsent lourdement sur le bien-être.
Entre norme et obsession
L’injonction à paraître impeccable, sobre et conformiste, n’a rien de neuf, mais elle a trouvé en entreprise un terrain fertile pour se développer. En entreprise, le fameux « masque » de la bonne apparence devient presque un uniforme mental. Derrière ce sourire d’apparence calme et maîtrisée, combien de professionnels se sentent réellement à la hauteur ?
Tout comme Regina George et sa bande passent leurs journées à surveiller leur look et celui des autres, certains employés adoptent cette même vigilance.
Et pourtant, contrairement aux apparences, ce masque permanent n’est ni facile ni anodin : il génère de l’anxiété, un mal-être sournois, l’impression constante de devoir « être à la hauteur » de standards impossibles.
L’anxiété esthétique, quand l’apparence devient une source de stress
Pour beaucoup, la pression esthétique n’est pas qu’un simple souci quotidien ; c’est une source d’anxiété profonde. L’obsession de l’image, imposée par des standards invisibles mais pesants, impose aux employés un stress difficile à quantifier mais bien réel.
Car au-delà des compétences, on craint de ne pas avoir « le look ».
Et à mesure que le jugement implicite des collègues et managers devient une norme, l’apparence devient une véritable boussole émotionnelle : les jours de doute, le miroir devient un ennemi. Ce phénomène a été analysé et montre que plus les individus se sentent jugés sur leur apparence, plus leur niveau d’anxiété augmente, rendant difficile l’investissement sincère dans leur travail.
L’auto-jugement : quand le miroir est plus dur que le boss
Finalement, qui a besoin d’un supérieur tyrannique quand on a un miroir ?
L’auto-jugement est déjà un compagnon quotidien, alimenté par cette petite voix qui nous pousse à chercher la moindre imperfection. En entreprise, tout comme dans l’univers de Mean Girls, où chaque reflet rappelle à Cady et aux autres qu’elles doivent être impeccables, on passe notre temps à scruter, ajuster, et re-scruter nos apparences. C’est un cercle vicieux, où l’auto-jugement s’intensifie, créant un climat intérieur de doute et d’insatisfaction pour devenir une source d’angoisse. En bout de course, c’est la fatigue mentale qui s’installe, une véritable érosion de l’estime de soi.
Anecdote de survie
À force de jouer les champions de la façade parfaite, certains finissent par vivre de véritables crises de ras-le-bol esthétique.
Des anecdotes ?
En voici une : cette employée qui, lassée de la pression constante pour correspondre à l’image « corporate », a décidé de casser les codes en arborant des cheveux rouges à son retour de vacances.
Réaction immédiate des collègues et du manager, en aparté bien sûr : « Ça ne fait pas sérieux ».
Pourtant, loin de nuire à sa performance, cette touche personnelle lui permettait de gagner en confiance. Ces petites révoltes esthétiques sont parfois les seuls moyens d’exprimer une véritable identité dans un milieu où chaque détail est scruté, jugé, et interprété à travers le prisme de la conformité. Et si ces mini révolutions ne changent pas l’entreprise, elles permettent de relâcher un peu la pression.
Une sortie ironique de la tyrannie du miroir
Et si, finalement, nous décidions d’en rire ? De nous libérer, avec une touche de second degré, de cette tyrannie du miroir ? Dans le monde des Plastics, le sourire, la coupe et les talons sont leurs armures. Dans le nôtre, peut-être qu’un soupçon de détachement, un brin d’ironie, nous aideraient à desserrer l’étau. Ce n’est pas facile, mais accepter l’idée que l’on ne peut pas plaire à tout le monde, et que ces attentes d’apparence ne sont qu’une facette d’un jeu souvent absurde, est une première étape.
Finalement, pourquoi ne pas se moquer gentiment de cette entreprise pour qui une cravate ou un rouge à lèvres importent plus qu’un CV ? Derrière le masque, il y a aussi des personnes, bien réelles, qui méritent qu’on regarde au-delà de l’apparence.
Pour en finir avec les clichés esthétiques
Voyons comment, en 2024, les entreprises et les individus se détachent peu à peu des clichés, s’affranchissent du dictat de l’apparence et valorisent enfin la diversité esthétique.
Retour en arrière : des années 80/90 à 2024, l’évolution des codes esthétiques au travail
Si je prends comme référence cette période, c’est tout simplement que j’ai commencé dans le monde du travail à la fin des années 80, une époque où le costume et la cravate fine étaient des gages de crédibilité. À cette époque, les normes vestimentaires au travail étaient strictes et le look uniforme. D’où l’instauration du ‘casual Friday’ pour… permettre à la plèbe de respirer.
Beaucoup d’entreprises en 2024 restent encore ancrées dans ce modèle, avec un goût certain pour l’uniformité.
Autour de ces entreprises, la société a évolué, et avec elle, le monde du travail.
Aujourd’hui, de plus en plus de structures défendent une esthétique qui valorise la diversité et s’éloigne des standards rigides. On commence à accepter que l’apparence n’est pas l’alpha et l’oméga du professionnalisme. La diversité, elle, est synonyme de richesse et de perspectives nouvelles. Cette transition vers l’authenticité a été progressive mais essentielle pour permettre à chaque collaborateur de s’épanouir et d’apporter son originalité sans crainte de jugement.
Enfin la fin des clichés ?
Depuis quelques années, des entreprises adoptent des politiques inclusives et encouragent leurs employés à s’exprimer librement. Cette tendance, montre que la diversité de look peut même devenir un atout. Imaginez un environnement où chaque individu, avec ses tatouages, ses couleurs de cheveux originales ou ses tenues non conventionnelles, renforce l’identité collective de l’entreprise au lieu de la diluer
Certaines grandes entreprises ont même pris des initiatives en ce sens, comme laisser les employés venir comme ils sont. Par exemple, chez certaines compagnies de la tech, moins dans des domaines plus ‘classiques’, on adopte des politiques vestimentaires « décomplexées ».
Plus de discrimination silencieuse pour une mèche trop colorée, une barbe trop fournie (ou une barbe tout simplement), même un short long pour un homme sera accepté alors qu’à une époque j’ai vu une personne se faire réprimander pour ça. On était quand même à la limite de l’avertissement !
L’entreprise moderne apprendrait-elle à accepter chacun et valoriser son potentiel, plutôt que de juger sur des apparences ?
Au-delà des looks
Cette acceptation de l’authenticité facilitera l’inclusion. Les entreprises, pas toutes malheureusement, commencent à comprendre que les talents ne se mesurent pas au nombre de centimètres d’une jupe ou à une cravate. Cette prise de conscience se reflète dans les pratiques d’inclusion de la diversité.
Mais le chemin est encore long.
Car il y en a toujours dans les bureaux pour qui ça ne passe pas. Rassurons-nous. Leur départ à la retraite ne saurait tarder et sera surement salvateur de ce point de vue.
Peut-être qu’un jour, le « corporate chic » n’aura plus qu’une signification : être soi-même.
Sous le Masque – La face cachée du Bureau s’engage à décoder, avec humour et un brin d’ironie, ces comportements qui font notre quotidien.
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